Quebec Censure
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12
oct

Bi(e) – Être ou ne pas être ?

Depuis quelques années, une tendance se démarque la médiatisation de comportements bisexuels chez les femmes. Or, comment savoir si celles qu’on surprend à s’embrasser dans un club le font vraiment par envie ou seulement pour exciter les hommes autour d’elles? Selon certains, c’est un effet de mode, alors que pour d’autres, il s’agit plutôt d’un phénomène de génération, laquelle refuse de se définir comme hétérosexuelle ou homosexuelle, et a un grand besoin de se réinventer sans cesse.

L’identité sexuelle
Pour expliquer la bisexualité, la biologie est souvent appelée à la rescousse. Alors, des débats à propos du caractère inné de l’identité sexuelle ont lieu. Ainsi, l’ambiguïté sexuelle est naturelle, selon ceux qui prétendent que tous les embryons sont de sexe féminin jusqu’à la 5e ou 6e semaine de vie foetale, c’est-à-dire jusqu’à ce que les androgènes foetaux entrent en activité. Cette théorie rejoint celle que Freud développe dans ses trois essais sur la théorie de la sexualité (1905). Sur son site Internet, l’association Bi Unité Montréal (BUM) présente plusieurs façons de voir cette ambivalence sexuelle. Si certaines personnes présument que l’identité sexuelle d’un individu est innée et fixe, d’autres estiment qu’elle découle du conditionnement social, donc qu’il s’agit d’un choix, celui de rejeter ou d’intégrer les modèles parentaux, ou simplement d’opter consciemment pour le lesbianisme en tant que prise de position féministe. La préférence d’une personne prend alors racine dans des facteurs bien personnels à chacun. Quelques études, notamment celles d’Alfred Kinsey, tendent à prouver qu’une large majorité d’êtres humains n’a pas un penchant aussi tranché qu’il n’y paraît. Les cas de pure hétérosexualité ou de pure homosexualité sont relativement rares (entre 5 et 10%, d’après Kinsey) et les cas d’indétermination réelle (la «vraie» bisexualité), plus rares encore (inférieur à 1%). Si l’on se fie aux études de Kinsey, l’identification à un comportement ou à une orientation sexuels relève du domaine social.

Être bi, c’est vieu comme le monde !!
La bisexualité n’est pas un phénomène récent. En fait, elle a toujours existé. On sait qu’elle était une pratique courante dans la Grèce et la Rome antique. Puis, au début du siècle dernier, Freud a élaboré une théorie selon laquelle chaque être humain naît bisexuel. Plus tard, les anthropologues américains Clellan Ford et Frank Beach, dans leur étude du comportement sexuel, ont remarqué que certaines formes d’homosexualité et de bisexualité étaient bien acceptées au sein de 49 sociétés tribales sur 76, lesquelles ont été étudiées entre 1920 et 1950.

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