Quebec Censure
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31
mar

Le condom, pas toujours sécuritaire..

Selon des experts, le taux d’efficacité devrait être indiqué de façon rigoureuse sur l’emballage des diverses marques de condoms.

Efficaces, les condoms, pas toujours. Des experts indiquent que les gens ne connaissent pas vraiment le niveau de protection qu’ils en tirent contre les infections transmises sexuellement (ITS) ou les grossesses.

“Il y a une grande différence entre les marques et les types de condoms. Les fabricants rapportent un taux de défaillance qui varie de 0% à 30%”, indique Eleoanor Maticka-Tyndale, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice sociale et la santé en matière de sexualité. Elle soutient que le taux de défaillance des diverses marques devrait être indiqué sur l’emballage.

Matika-Tyndal et son collègue Maher El-Masri, un chercheur dans le domaine du contrôle des infections, amorce présentement une étude sur les fissures microscopiques dans les condoms, qui pourraient permettre la transmission de matières infectantes.

Les études de M. El-Masri sur les gants en latex utilisés dans les hôpitaux concluent que ces gants ont tendance à se fissurer. Les matériaux ne sont pas tous aussi efficaces les uns que les autres, dit-il, les produits diffèrent d’un manufacturier à l’autre et la durabilité des gants n’est pas la même avant et après leur utilisation.

En est-il de même pour les condoms, se demande-t-il.

Taux de défaillance
Les recherches, selon Mme Maticka-Tyndale, indiquent que lorsqu’un des deux partenaires est infecté du SIDA, la probabilité que l’autre contracte le virus diminue de 80% s’ils utilisent un condom. Mais il y a quand même un taux de défaillance de 20%, insiste-t-elle.

“Nous présumons toujours, quand ça ne fonctionne pas, que c’est à la suite d’une erreur humaine, que nous n’entreposons pas les condoms comme il le faut, que nous les écorchons avec les ongles, que nous ne laissons pas suffisamment d’espace à l’extrémité”, dit-elle.

“Mais si c’était parce qu’ils ne sont pas fabriqués aussi bien qu’ils pourraient l’être? C’est une question importante parce dans bien des cas vous pouvez améliorer la fabrication d’un produit plus facilement que vous pouvez modifier le comportement humain”.

Personnes à risque
Le Dr Joshua Mann, de l’université de Caroline du Sud, a effectué des études mathématiques sur les risques de transmission des ITS, même en utilisant le condom. Il conclut que “plusieurs des personnes à risque sont celles qui vont d’un partenaire à l’autre au fil des semaines et des mois et que l’utilisation du condom tend à diminuer quand les rapports deviennent plus stables”.

Son collègue du Centre des sciences de la santé de l’université du Texas, le Dr Thomas Finch, est d’accord. Si vous avez des rapports sexuels avec un partenaire infecté, dit-il, “ça vous rattrapera avec le temps”.

Le Dr Finch favorise lui aussi un étiquetage plus rigoureux sur l’emballage des condoms. “Les gens doivent comprendre le genre de risques auxquels ils sont exposés”, explique-t-il.

Ce qu’il faut savoir
Santé Canada exige seulement que l’emballage des condoms indique qu’ils “réduisent le risque” de contracter des ITS

-Les condoms ne doivent pas être gardés dans le portefeuille.
-Il n’y a pas de règlement sur l’utilisation du mot condom. N’importe quoi peut être appelé un condom.
-Le condom doit être glissé avant “les préliminaires”.
-Les ITS augmentent au Canada depuis 1997.
-La chlamydia a augmenté de 91% (surtout chez les femmes de 15 à 24 ans).
-La gonorrhée a augmenté de 134% (surtout chez les hommes de 20 à 24 ans et chez les femmes de 15 à 24 ans).
-La syphilis a augmenté de 800% (surtout chez les hommes de 30 à 39 ans)

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