Nous partîmes donc nerveusement vers un petit lounge pour nous mettre à l’aise. Pas question pour moi de me rendre chez Marcelle à jeun. Quelques cosmos plus loin, j’arrivai davantage à dissimuler ma nervosité, même que je commençai à ressentir une certaine fébrilité. Comme à l’habitude, Bruno et moi échangeâmes peu lors de notre passage dans ce bar. On dirait presque que nos regards s’évitèrent. Pourtant, nous savions tous les deux qu’il allait se passer quelque chose, mais ni l’un ni l’autre ne connaissait l’issue de cette soirée qui s’annonçait fertile en sensations fortes. Le parcours vers le sauna mixte se fit en silence.
J’étais si concentrée sur ma destination que j’en oubliai même de mettre la radio. Heureusement, je trouvai un stationnement en bordure de la rue bien avant de passer devant l’enseigne rose et noire. La surprise pour Bruno n’en fut que plus grande. Je l’embrassai mais il était tout raide. Je sentis sa nervosité et son regard se poser partout à l’intérieur de l’accueil. Rapidement, on nous invita à aller prendre un casier et à nous déshabiller. Je donnai rendez-vous à mon homme à la chambre 106 située à l’étage. Il devait passer par les toilettes. J’arpentai nerveusement les nombreux couloirs qui menaient au bon numéro de porte. J’espérais ne pas avoir à croiser des gens. Malheureusement, je dus me faufiler entre deux hommes qui parlaient à voix basse de chaque côté du passage étroit. Je tâchai de me faire invisible, mais leur façon de me regarder en disait long sur leur état d’esprit.
Rendue à destination, Bruno m’attendait. Il avait pris un autre chemin. Nous étions tous les deux un peu intimidés et nous nous engouffrâmes sans traîner dans la chambre. Tout était blanc et peu décoré. Bruno repéra instantanément le moniteur qui nous montrait d’autres couples en pleins ébats. J’avais pris une des seules chambres disponibles et celle-ci comportait un système de caméra à circuit fermé. Nous prîmes quelques instants pour regarder les gens faire l’amour. Je fus sidérée devant le spectacle. Notre attention fut principalement portée sur un groupe de huit à dix personnes se fondant dans une masse grouillante de chair et de membres en mouvement. Au départ quelque peu rébarbative, je pris soudainement plaisir à regarder ces gens se caresser et se tortiller de plaisir. Ni très beaux ou très laids, ils formaient un espèce de tout très érotique. Personne n’était laissé pour compte, si ce n’est que pour l’instant d’un changement de position. Tel un morceau de casse-tête, chaque libertin retrouvait sa place au sein du groupe. Bruno se mit à me caresser le dos, ce qui me ramena à ce pourquoi nous étions ici. Je le poussai et il tomba assis sur le lit. Je défis sa serviette, exposant son sexe qui se dressa devant moi.
Je lui donnai un petit coup de langue et admirai sa belle couleur pourpre. Je pouvais voir son cœur battre dans sa queue. Je crois bien que le spectacle avait le même effet sur lui que sur moi. J’avais pris soins de verrouiller la porte afin de dissuader toute visite non désirée. Après tout, je préférais commencer par quelque chose de plus soft. Pour être certaine d’avoir un certain contrôle sur cette soirée, je sortis un bandeau et une paire de menottes afin de garder mon homme sous le joug de mon bon vouloir. Tout se passa exactement comme je l’avais prévu, y compris pour Bruno qui me regardait, les yeux ébahis par ce que je venais de sortir de mon sac. La surprise était totale. C’est donc à la blague que je lui demandai de m’appeler Maîtresse Chantal et de m’obéir au doigt et à l’œil, mais avant, il devait enfiler les menottes, ce qui s’annonça plus difficile que prévu, alors il me mit au défit de les lui mettre. Il me tendit la main, mais pour finalement mieux me saisir le bras et me tirer vers lui. Ne faisant ni une ni deux, j’étais complètement nue en train de me battre avec mon conjoint pour l’enchaîner à la tête de lit. Je luttai âprement, mais sans que je puisse comprendre ce qui s’était passé, je me trouvai soudainement menottée à la tête du lit. — Est pris qui croyait prendre, hein, ma belle chérie ?, me lança-t-il à quelques centimètres du visage. Il m’embrassa le bout du nez et recouvrit mes yeux avec le bandeau. Je crois qu’il pouvait lire l’effroi dans mes yeux à l’idée de me retrouver dans cette position.
Mon cœur palpitait si fort… J’étais tout à coup contrainte et totalement soumise. Je n’avais jamais expérimenté ce sentiment avec une telle brutalité auparavant et j’en fus complètement déstabilisée. Je sentis une immense chaleur dans le bas de mon ventre. J’arrivai presque à ressentir du plaisir en serrant mon périnée. J’étais maintenant plongée dans le noir absolu et à la merci des fantasmes de Bruno. Le mélange de crainte et d’excitation me bouleversait et me transportait sur un terrain inconnu. — Bruno ? Point de réponse de sa part. Son silence était insupportable. Je sentais pourtant sa présence, mais il bougeait à peine. J’étais couchée sur le ventre sans la moindre parcelle de tissu pour me couvrir. Puis, je sentis tout à coup sa main se poser sur mes fesses. Il s’installa près de moi sur le lit et continua ses douces caresses à fleur de peau sur mon joli derrière en forme de poire. Je frissonnai au passage de ses doigts sur ma peau lisse, fraîchement crémée. La douceur de ses mouvements tranchait avec l’apparente cruauté de la situation. Il souleva une jambe et m’écartela, exposant ainsi ma chatte et lui donnant un peu d’air afin qu’elle refroidisse. Je sentis sa main effleurer mes grandes lèvres sans jamais vraiment y toucher. C’était insupportable. Je voulais tellement qu’il ouvre ma fente et me masturbe ! Bruno poursuivit son petit manège entre mes cuisses puis revint une fois de plus titiller ma chatte qui ruisselait de plaisir. Bruno brisa le silence et m’ordonna d’une voix autoritaire de monter mes fesses. Sans hésiter, je m’exécutai et lui offris ma croupe dans toute sa splendeur. J’étais maintenant plus vulnérable que jamais, offerte, prête à recevoir son sexe que j’attendais à tout moment et avec grande impatience. Au lieu de cela, une langue s’inséra doucement entre mes lèvres et se fraya un passage jusqu’à mon petit bouton de rose. Je ne pus freiner le cri de jouissance que j’expulsai dans le creux du petit oreiller blanc…
La suite, dans le livre Osé, disponible uniquement sur www.erotisemoi.net
